Deux diplômes, deux niveaux de responsabilité
Le terme LPN, courant aux États-Unis, n'a pas d'équivalent exact dans le système français. Les candidats qui cherchent un programme infirmier en France tombent en réalité sur deux formations distinctes. La première, le diplôme d'État d'aide-soignant (DEAS), se prépare en dix mois dans un institut de formation d'aides-soignants (IFAS). C'est le niveau le plus proche d'un LPN : les diplômés assurent les soins d'hygiène, de confort et la surveillance des patients, toujours sous la responsabilité d'un infirmier. La seconde, le diplôme d'État d'infirmier (DEI), se prépare en trois ans dans un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) et correspond davantage à un diplôme de niveau licence.
La rentrée 2026 marque un tournant. Le nouveau référentiel de formation, fixé par l'arrêté de février 2026, remplace l'ancien cadre en profondeur. Le cursus s'organise désormais autour de cinq domaines et de treize compétences, pour un volume total de 4 620 heures, dont 66 semaines de stage. Les stages en psychiatrie et en santé de l'enfant deviennent obligatoires, avec une durée minimale de cinq semaines chacun. Autre changement notable : le diplôme d'État est délivré par une université accréditée et confère le grade de licence, ce qui facilite la poursuite d'études. La prescription infirmière entre même dans la formation dès la troisième année.
Ces évolutions se déclinent différemment selon les régions. Les IFSI et les IFAS sont présents dans toutes les grandes villes, mais les places sont réparties de façon inégale. En Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France, la concurrence à l'admission reste soutenue, tandis que certaines zones rurales peinent à remplir leurs promotions. Chercher un programme infirmier près de chez soi, ou élargir sa recherche à une ville voisine, peut donc faire une vraie différence.
Les obstacles les plus fréquents
Le premier piège est la confusion entre les deux diplômes. Beaucoup de candidats s'imaginent qu'une formation d'aide-soignant permet ensuite d'exercer comme infirmier sans repasser par la case départ. En réalité, il existe une passerelle dédiée pour les aides-soignants et auxiliaires de puériculture qui souhaitent intégrer un IFSI, mais elle ne dispense pas de la totalité du cursus.
Le deuxième obstacle concerne l'admission. Les bacheliers passent par Parcoursup, avec une sélection sur dossier, parfois complétée d'entretiens. Les adultes en reconversion, eux, constituent un dossier auprès de l'IFSI de leur choix. Camille, 34 ans, ancienne assistante administrative, a découvert ce fonctionnement à ses dépens : "J'ai postulé en pensant qu'un seul dossier suffisait pour toute la France. Chaque institut a son calendrier, ses attendus et parfois ses propres épreuves. J'ai dû tout reprendre trois mois avant la date limite." Son conseil : contacter directement les instituts dès l'automne et demander une journée d'information.
Le troisième point d'achoppement est le financement. Une formation de dix mois ou de trois ans représente un investissement en temps, mais aussi un budget à anticiper. Les frais d'inscription dans les instituts publics restent mesurés et sans commune mesure avec ceux de nombreux pays voisins. Plusieurs dispositifs allègent la charge : le compte personnel de formation (CPF) pour les salariés, les aides de France Travail pour les demandeurs d'emploi, ou encore le contrat d'apprentissage, très développé dans le secteur. La rémunération pendant les stages varie selon le statut et la région, d'où l'importance de se renseigner localement.
Aide-soignant ou infirmier : le comparatif
| Programme | Durée | Accès | Coût à prévoir | Idéal pour | Atouts | Points de vigilance |
|---|
| DEAS aide-soignant (IFAS) | 10 mois, dont 17 semaines de stage | Sélection sur dossier, parfois concours | Frais modérés, aides CPF et France Travail possibles | Entrer rapidement dans le métier | Formation courte, forte demande sur le terrain | Champ d'action limité, travail souvent exigeant physiquement |
| DEI infirmier (IFSI) | 3 ans, 4 620 heures dont 66 semaines de stage | Parcoursup pour les bacheliers, dossier pour les adultes, passerelle AS-AP | Frais d'inscription universitaires, montants variables selon l'établissement | Viser un niveau licence et des responsabilités élargies | Grade licence, prescription dès la 3e année, évolutions multiples | Rythme dense, stages obligatoires en psychiatrie et pédiatrie |
| Le choix dépend surtout du projet professionnel. Sarah, 27 ans, a choisi la voie de l'aide-soignante pour se construire une première expérience : "J'ai travaillé près de deux ans en Ehpad avant d'intégrer un IFSI. La passerelle m'a permis d'arriver avec une pratique concrète, et les équipes m'ont tout de suite fait confiance." Son parcours illustre une stratégie fréquente : commencer par le DEAS, puis évoluer vers le diplôme d'infirmier. | | | | | | |
Le plan d'action en quatre étapes
La première étape consiste à vérifier les conditions d'accès. Pour le DEAS, il faut généralement satisfaire aux conditions d'âge et de niveau fixées par l'institut. Pour le DEI, le niveau bac est requis, quelle que soit la filière d'origine.
La deuxième étape est la constitution du dossier. Rassemblez vos bulletins, lettres de motivation et, si possible, une expérience de bénévolat ou de soin. Les jurys apprécient les profils qui connaissent la réalité du métier. Une journée d'observation dans un hôpital ou un Ehpad vaut souvent mieux qu'un long discours.
La troisième étape est la préparation aux sélections. Selon les instituts, des épreuves écrites ou orales complètent l'examen du dossier. Les annales des sessions précédentes circulent parmi les candidats et dans les librairies spécialisées ; s'entraîner sur des mises en situation de soin est un bon réflexe.
La quatrième étape concerne le financement et l'organisation. Contactez le service formation de votre région, renseignez-vous sur les sessions d'information des IFSI et comparez les calendriers. Les instituts publient leurs dates d'admission à l'automne pour la rentrée suivante, et certains organisent des portes ouvertes dès le début de l'année.
Ce qu'il faut retenir avant de s'engager
Le paysage des formations infirmières en France a profondément changé. Le nouveau référentiel entré en vigueur à la rentrée 2026 renforce la place de la psychiatrie, de la santé de l'enfant et du raisonnement clinique. Pour les candidats, cela signifie une formation plus exigeante, mais aussi un diplôme mieux reconnu, adossé à l'université et ouvert sur la mobilité européenne.
Si vous hésitez encore entre le DEAS et le DEI, posez-vous la question du temps et de la responsabilité. Le programme d'aide-soignant offre une entrée rapide dans le soin, avec des débouchés immédiats dans les Ehpad, les hôpitaux et le domicile. Le programme d'infirmier demande trois années d'investissement, mais ouvre des portes plus larges : blocs opératoires, services de réanimation, santé publique, recherche.
La démarche concrète consiste à contacter l'IFSI ou l'IFAS le plus proche de chez vous et à demander une rencontre avec l'équipe pédagogique. Les calendriers d'admission 2026-2027 se précisent au fil des semaines, et les places se remplissent vite. Un premier rendez-vous ne vous engage à rien, mais il transforme souvent une hésitation en projet clair. À vous de jouer.